GPA Témoignage : "Je n'ai pas porté mes enfants" son mari est juriste et ils contournent la loi ?....

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Sarah Levine a co-écrit un livre avec celle qui a porté son fils. "Lorsqu’on n’a que l’amour" est sorti en France et aux Etats-Unis simultanément et propose un récit à deux voix de cette aventure qu’est la GPA. Interview.

Sarah Levine est une pétillante américaine qui vit en France depuis une dizaine d’années. Mariée à un Français, elle a toujours rêvé d’avoir une famille nombreuse. Malheureusement, des problèmes d’infertilité puis un cancer de l’endomètre l’ont conduit à envisager une autre solution pour accomplir son rêve : la gestation pour autrui. Le couple a donc fait appel à une mère porteuse aux Etats-Unis, Aimée Melton. Cette sage-femme pensait depuis longtemps à devenir mère porteuse et a saisi l’occasion en rencontrant ce couple, par l’intermédiaire d’un proche. Une relation basée sur la confiance mais aussi sur un contrat bien ficelé avec de l’argent à la clé.
Sarah et son mari ont aujourd’hui un fils, Oscar et une petite fille Viviane. Elle revient pour nous sur son parcours et témoigne avec entrain et honnêteté pour le Journal Des Femmes.

Pourriez-vous récapituler brièvement comment la GPA s’est imposée à vous ?
Sarah Levine : J’étais déjà dans un parcours de procréation médicale assistée. Après plusieurs échecs et une fausse couche, mon médecin français m’a conseillé de faire une FIV aux Etats-Unis car cela avait plus de chances de réussir. Là-bas, j’ai subi des examens en profondeur, bien plus fouillés que tout ce que l’on m’avait fait passer jusque-là. Ils ont vu quelque chose de suspect. Ils m’ont fait un curetage, dont les résultats ne se sont pas fait attendre : j’avais un cancer de l’endomètre. J’ai fait des recherches sur mes chances de survie et j’ai lu que si c’était pris en charge rapidement, c’était le cancer le plus curable. Puis, sur les sites américains que je consultais, il était évoqué la possibilité d’avoir recours à la GPA pour avoir un bébé.

Votre mari était réticent au départ : compreniez-vous son avis ?
Il avait un avis classique, partagé par une majorité de Français. On présente la GPA comme immonde et amorale. Il avait ce premier avis mais ne s’était jamais vraiment posé la question. On a commencé à se renseigner et on a vu comment cela se passait aux Etats-Unis. Là-bas, la gestation pour autrui est autorisée et très encadrée. Il y a une grande exigence médicale et légale. On a commencé à comprendre que cela pouvait être fait dans de bonnes conditions mais aussi dans de mauvaises. Je ne voulais pas avoir l’impression d’exploiter quelqu’un, nous avons donc exclu des pays comme l’Inde. Mon mari s’est petit à petit convaincu et m’a donné son accord. Nous avons trouvé quelqu’un de confiance, qui était une collègue de ma sœur, une sage-femme. Cela m’a tout de suite rassuré car elle savait quels étaient les risques. On savait qu’elle faisait cela parce qu’elle le voulait vraiment. Ce que je voudrais que les gens comprennent, c’est que dans la majorité des cas, cela se passe comme cela. Cela se fait pour de bonnes raisons et dans des bonnes conditions.

Est-ce que l’illégalité de votre démarche vous a un instant fait peur ou dérangé ?
On y a évidemment pensé d’autant que mon mari est juriste. Mais comme cela se passait aux Etats-Unis et que c’était dans ma ville natale, cela avait un côté rassurant. On savait que l’on ne faisait rien de criminel. Mais on a caché notre situation à certaines personnes. A mon travail par exemple, j’ai dit que nous allions adopter.

Si c’était possible, auriez-vous pu devenir mère porteuse ?
Je ne pense pas que j’aurais pu avoir une telle distance avec mon corps. Dans notre entourage, beaucoup se sont dits prêts à pouvoir le faire pour un proche ou une personne inconnue donc je ne pense pas que cela soit rare. Mais moi je n’aurais pas pu.

Sarah Levine, Oscar et Aimee Melton. © Sarah Levine/ Editions Flammarion

Vous abordez très honnêtement la question du coût. N’avez-vous pas peur, qu’en vous lisant, on pense que la GPA est réservée aux couples aisés ?

Je suis la première à le dire ! C’est évidemment limité. Mais dans certains pays en Europe, c’est possible sans payer. En Angleterre par exemple, la GPA est un don altruiste. Le souci, c’est qu’il y a beaucoup de couples demandeurs contre peu d’offrants… Les couples anglais qui ont les moyens partent aux Etats-Unis pour avoir un bébé.

Avez-vous reçu des critiques de la part des personnes à qui vous en parlez ?
Depuis que l’on en parle, nous n’avons jamais eu de retour négatif. La réalité, c’est que les gens ne sont pas confrontés aux vrais cas. Quand ils le sont, ils comprennent. Nos proches ont compris notre parcours et la façon dont on l’a fait. La majorité des gens qui ont recours à la GPA aux Etats-Unis et au Canada notamment le font bien. Ce sont presque toujours les mêmes conditions. Il y a un vrai suivi psychologique, un suivi médical attentif, un contrat pour la mère porteuse. Ce ne sont pas des femmes exploitées.

Aujourd’hui, quel lien gardez-vous avec Aimée ?
C’est comme une autre sœur. Nous voulons garder un contact très proche avec Aimée et sa famille. On veut que notre fils soit proche d’elle. Même sans le livre, elle serait intégrée à notre vie. Mais l’avantage, c’est qu’elle vit dans le même quartier que l’une de mes sœurs et a des enfants du même âge que mes nièces et neveux. Nos deux familles se voient très fréquemment. Lorsque nous retournons à Denver, chaque année, nous nous voyons et nous sommes très à l’aise ensemble. Une fois par exemple, Aimée était sortie et son mari pas encore rentré, les enfants d’Aimée m’ont dit qu’ils avaient faim. Je n’ai pas hésité une seconde, j’ai ouvert le réfrigérateur et préparé à dîner. C’était évident pour moi !

Pourquoi avoir écrit ce livre ?
A vrai dire, c’est Aimée qui le souhaitait. Elle me l’a demandé pendant la grossesse. Elle avait cette idée d’un récit à deux. Pendant l’échographie du 4e mois, elle m’a dit qu’elle avait ce projet. J’ai accepté. Elle aurait pu me demander presque tout, je l’aurais fait. Mais j’avais des réticences, j’étais trop angoissée par la grossesse pour me projeter. Lorsqu’Oscar est arrivé, j’ai eu du temps. Je me suis mise à écrire. Ensuite, nous avons échangé nos textes. Pendant la grossesse de notre deuxième enfant, j’ai pris en main les choses. J’ai couplé les deux manuscrits de façon assez évidente.

Qu’est-ce que cela vous a apporté ?

Cela m’a apporté une vraie compréhension d’Aimée. Je ne savais pas qu’elle a avait eu autant d’angoisses pendant la grossesse. Elle ne m’avait pas non plus parlé de tout ce qu’elle avait ressenti après la naissance. Et puis, cela a été une autre façon de construire notre relation, sur des bases plus égalitaires. On faisait toutes les deux quelque chose ensemble et ce n’était pas juste Aimée qui faisait quelque chose pour moi ! Ensuite, lorsque j’avais des doutes ou que j’hésitais à révéler des détails assez intimes de moi, je pensais à mes enfants. Je me suis dit que si je voulais que mes enfants comprennent vraiment, il fallait tout dire.

Quel message voudriez-vous adresser aux gens qui vous liront ?
J’espère que cela pourra faire changer des gens d’avis. Ils verront que les conditions dans lesquelles cela se passe sont bien. Enfin, des gens seront probablement ravis de voir une histoire qui finit bien, une histoire pleine d’espoir !

La famille attend désormais une vraie réforme légale pour faire d'Oscar (3 ans et demi) et Vivianne (18 mois), des enfants officiellement reconnus par l'Etat Français. Aujourd'hui, ils disposent seulement de la nationalité américaine.

Infos pratiques :

"Lorsqu’on n’a que l’amour" de Sarah Levine et Aimee Melton aux éditions Flammarion.
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Proposé par l'INPES
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